Nahita

Forsberg Baulenas

white textile on brown wooden table

Enchantée! Je suis une jeune franco-suédoise de dix-neuf ans qui souhaite contribuer à un monde plus durable. Et c'est précisément dans cet idéal qu’est née Lars Fashion.

J’ai entrepris cette aventure à l’âge de dix-huit ans, durant ma dernière année de lycée en Suède. Pourtant, la graine avait été semée deux ans plus tôt, lorsque j’ai découvert le magnifique atelier situé dans la campagne française qui produit aujourd’hui pour Lars. La rencontre fut assez inattendue : je me suis retrouvée dans les Cévennes simplement parce que j’accompagnais mon père lors de sa tournée en France, lui étant musicien. Et comme je n’ai jamais cru au hasard, j’y ai vu un signe. À l’époque, je n’avais que seize ans et j’étais encore un peu trop jeune pour lancer une marque de vêtements… du moins pas tout de suite. Je me suis donc promis de revenir à cette idée après avoir terminé e lycée en Suède — et c’est exactement ce que j’ai fait.

L’élan s’est véritablement ravivé lors d’un premier rendez-vous avec la mentore qui m’avait été attribuée dans le cadre d’un programme de mentorat proposé par mon école. Elle a manifesté une confiance si naturelle et sincère en moi et en mon projet qu’il m’est apparu comme une évidence que c’était la voie que je devais suivre.

J’ai alors commencé à développer mon concept et à tout construire à partir de zéro. Avec un budget modeste, j’ai dû apprendre de nombreuses nouvelles compétences et tout faire moi-même : les démarches administratives pour créer l’entreprise, la conception d’une collection, la gestion de la logistique et de la comptabilité, la création de ce site internet, etc.

Mais je n’aurais jamais pu y parvenir sans l’aide et le soutien de mon entourage. Parmi eux : ma mentore Annelie, le jeune artiste qui m’a aidée à adapter la signature de mon grand-père pour en faire un logo, David, responsable de l’organisation HETCH, qui a cru en mon projet, ma mère qui est la photographe des collections, toutes les merveilleuses femmes qui ont participé aux shootings, mon père avec qui je me suis rendue dans les Cévennes, et tant d’autres encore.

« Chaque enfant est un artiste, le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant. » Pablo Picasso

a person standing on top of a rocky hill

Le bel homme sur cette photo est Lars Forsberg, mon grand-père. Médecin de profession, mais artiste dans l’âme.
Il a vécu une vie longue et belle, au cours de laquelle il a répandu beaucoup d’amour et de joie, mais aussi une grande sensibilisation à la santé mentale. Il a fait preuve de compassion et de sensibilité envers chaque personne qu’il rencontrait — il était véritablement unique.
Son amour pour la nature et sa beauté demeure inégalé. Il possédait cette capacité rare d’observer et de trouver une joie à la fois simple et immense dans la simple contemplation du monde.

Lars Forsberg

Ses plus grands idols étaient probablement Bob Dylan et Picasso, mais son amour pour la musique et l’art était sans limite. Il voyait de l’art jusque dans les choses les plus ordinaires qui croisaient son chemin. Il les collectionnait dès qu’il le pouvait et les assemblait en un immense collage qui recouvrait les murs de toute sa maison. Parmi les innombrables trésors accrochés aux murs, on trouvait des coupures de journaux, des porte-clés et des boucles d’oreilles perdus qu’il avait ramassés dans la rue, ou encore une feuille dont la couleur l’avait émerveillé.
Son amour pour la musique était sans doute aussi grand que celui qu’il portait à l’art. Aussi loin que remontent mes souvenirs, je l’ai toujours vu écouter de la musique, des Beatles à Maria Callas. Il pouvait passer des heures à écouter comme en transe tout entre Nina Simone, ABBA et Pavarotti. L’un des moments les plus magiques que j’ai partagés avec lui fut le Noël de mes sept ans, lorsqu’il m’a initiée à la musique classique à travers Le Lac des cygnes de Tchaïkovski. Je me souviens être assise sur ses genoux, complètement hypnotisée, regardant l’opéra au moins cinquante fois, encore et encore. Il ne se lassait jamais de le revoir avec moi ; il l’appréciait autant que moi. Il était resté aussi curieux et enthousiaste que lorsqu’il était enfant, et je crois que c’est ce qui faisait de lui un homme si extraordinaire.
Je pourrais parler pendant des heures de mon grand-père extraordinaire, unique et, par-dessus tout, profondément bienveillant. Mais j’espère avoir par ce court témoignage réussie à vous offrir un aperçu de l’homme incroyable qu’il était.

Lars est décédé le 13 décembre 2024, jour de la célébration suédoise de la lumière et de l’amour. Et comme je l’ai mentionné plus tôt, je ne crois pas au hasard.Ce jour-là, il m’est apparu comme une évidence que je donnerais son nom à ma marque : de celui qui a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui.
Comme évoqué précédemment, Lars était un artiste. Mais c’était un homme d’une grande humilité : il ne s’est jamais attribué le titre d’« artiste », même s’il peignait. En vérité, il accordait peu d’importance à la reconnaissance, à la célébrité ou à la richesse. Tant qu’il avait une tablette de chocolat dans la poche et quelques heures pour faire du vélo et contempler la nature, il était le plus heureux des hommes.